À propos
Béji Artmoz a consacré plus de trente ans au spectacle vivant, à la mise en scène d’opéras, de concerts et de grandes manifestations artistiques. Son parcours est nourri par la danse, les arts plastiques et la musique, autant de disciplines qui continuent aujourd’hui d’habiter sa peinture.
Revenue à la peinture comme à une évidence, elle a développé un langage profondément personnel. Ses œuvres ne représentent pas la nature : elles en révèlent la force intérieure. Les arbres, les paysages, la lumière et les couleurs deviennent les témoins d’une émotion, d’une mémoire, d’un souffle de vie.
Les arbres occupent une place centrale dans son univers. Ils la fascinent. Plus elle travaille autour d’eux, plus elle découvre leur intelligence silencieuse, leur capacité d’adaptation et les réseaux invisibles qu’ils tissent entre eux. Ce qui la touche particulièrement est leur manière d’affronter le danger : immobiles, incapables de fuir, ils développent pourtant depuis des millions d’années des formes extraordinaires de défense, de résilience et de survie.
Béji Artmoz a travaillé dans divers domaines artistiques, son expérience dans la danse, le théâtre et surtout dans l’opéra lui a permis de développer une approche unique de l’art. En tant que metteuse en scène, elle a travaillé sur de nombreuses productions dans des lieux prestigieux, ce qui témoigne de son talent et de sa reconnaissance dans le milieu artistique.
Son engagement envers la transmission de l’art aux jeunes, notamment ceux issus de quartiers défavorisés, montre également son désir de partager sa passion et d’inspirer la prochaine génération. Avec plus de 7000 jeunes ayant bénéficié de ses initiatives, elle a su créer un impact significatif dans la communauté.
Après trois décennies dans la musique et l’opéra, elle a ressenti le besoin de revenir à la peinture et à la sculpture développant un style qui reflète des émotions et des sensations plutôt que de représenter le monde de manière littérale.
La musique joue un rôle central dans son processus créatif, chaque tableau étant influencé par une composition musicale qui lui est propre. Cela crée une synergie entre l’art visuel et l’art sonore, enrichissant ainsi l’expérience du spectateur.
Ses sculptures naissent de fragments d’arbres que le temps, le vent, les saisons ou les hommes ont fait tomber. Elle ne cherche pas à restituer l’arbre qu’ils ont été, mais à révéler ce qu’ils portent encore : une mémoire, une énergie, une présence. Son geste artistique consiste à redonner vie à ce qui est mort.
À travers ces formes, Béji Artmoz parle du vivant, de notre humanité commune et de la possibilité d’un avenir partagé. Pour elle, l’écologie, l’humanisme et la citoyenneté sont les racines d’un même arbre. Ses œuvres invitent à retrouver le lien profond qui unit l’être humain à la nature et rappellent que prendre soin de l’une, c’est aussi prendre soin de l’autre.
La couleur occupe une place essentielle dans son travail. Depuis toujours, l’artiste associe intuitivement des couleurs aux êtres, aux lieux et aux émotions. Les pigments, les matières et leurs superpositions composent un langage sensible qui traduit les vibrations du vivant.
Le voyage nourrit également son œuvre. Bruxelles, Paris, la Bretagne, la Sicile et les territoires qu’elle traverse imprègnent ses créations de paysages, de rencontres et de mémoires multiples.
À la frontière de la peinture et de la sculpture, son travail dépasse les catégories. La peinture devient matière vivante ; la sculpture dialogue avec la couleur, la lumière et l’espace. Chaque œuvre cherche à révéler la puissance silencieuse du vivant et les liens invisibles qui unissent les êtres.
Dans un monde marqué par l’éloignement de la nature, Béji Artmoz voit dans l’arbre une immense leçon d’humilité, de résilience et d’espérance — peut-être aussi la mémoire d’un savoir ancien que l’humanité n’a pas encore fini de redécouvrir.
Les socles en acier forgé, réalisés par Théodore Fouquin Fougère, prolongent cette démarche. Pensés comme une partie intégrante de chaque sculpture, ils instaurent un dialogue entre deux matières, deux temporalités et deux savoir-faire : le bois façonné par la nature rencontre le métal façonné par la main de l’homme.
L’œuvre de Béji Artmoz est une invitation à regarder autrement ce qui semble abandonné, à découvrir la beauté des métamorphoses et à croire que toute fin peut contenir la promesse d’un nouveau commencement.
Renaissance (Collection Privée)
50 x 100cm
Cette œuvre est réalisée par assemblage d’écorces fixées sur toile, recouvertes d’un enduit unifiant la matière, puis peintes en plusieurs couches pour révéler volumes, contrastes et profondeur chromatique.
À travers ce tableau sur toile et sur écorces, Béji Artmoz souhaite invite les visiteurs à redécouvrir la beauté et l’importance des arbres dans notre écosystème. Sa démarche artistique est intimement liée au respect de la nature et la valorisation des arbres. En intégrant des éléments naturels dans son art, elle invite les visiteurs à redécouvrir la richesse chromatique et la complexité architecturale des arbres. Le choix du titre « Renaissance » reflète sa volonté de redonner vie à des matériaux souvent négligés ou considérés comme déchets. La technique utilisée, ici, consiste à coller des écorces sur la toile et à les entourer de peintures texturées aux couleurs chaudes, qui crée ainsi une œuvre tactile et visuellement riche. L’artiste souligne l’importance de chaque étape de son processus créatif comme une collaboration harmonieuse avec la nature, cherchant à capturer l’essence même des arbres et de leur environnement sans nuire à l’écosystème. Ainsi, ce tableau ne se limite pas à une simple représentation artistique, mais devient un véritable hommage à la nature et à la nécessité de la préserver. « Renaissance » est une œuvre captivante qui, grâce à ses couleurs flamboyantes et sa texture saisissante, parvient à transmettre une énergie puissante et un sentiment de renouveau. Le choix des teintes ardentes, associé à des formes organiques, crée une dynamique visuelle qui attire immédiatement l’œil et suscite l’intérêt. Cette intensité esthétique et la profondeur de sa signification en font une pièce phare, en mettant en avant la beauté et l’importance des arbres, cette œuvre invite les spectateurs à réfléchir sur leur relation avec la nature et à apprécier la richesse de notre écosystème.
Musique : Beethoven Sonate pour violon et piano n°5 op.24 Allegro
Le Monde s'obscurcit
4 x 40 x 120cm
Le tableau « Le Monde S’obscurcit » de Beji Artmoz est une œuvre profondément introspective et engagée. La présence marquée de la nature, en particulier des arbres, symbolise à la fois la solitude et la force. Chaque arbre, avec son tronc et ses branches uniques, représente l’individualité et la résilience face aux défis. La date du 7 octobre 2023, à laquelle elle a commencé ce tableau, est significative, car elle coïncide avec des événements mondiaux troublants.
« Le 7 octobre 2023, j’étais en train de commencer ce tableau, les branches de mon arbre ressemblait étrangement à des vaisseaux sanguins, les couleurs des drapeaux israéliens, palestiniens, ukrainien et russe ce sont imposées, mais très vite je me suis rendu compte qu’aujourd’hui, le monde entier est ravagé par les guerres, les épidémies planétaires, une pauvreté désespérante et une dégradation terrifiante de la nature. »
Les branches de l’arbre, qui évoquent des vaisseaux sanguins, suggèrent une connexion entre la vie et la souffrance humaine. Beji Artmoz aborde des thèmes lourds tels que les guerres, les épidémies, la pauvreté et la dégradation de la nature, des réalités qui semblent parfois inévitables et accablantes. Cependant, malgré cette obscurité, elle exprime une lueur d’espoir. Sa conviction qu’il existe encore des signes de partage, d’empathie et de solidarité montre son engagement à croire en la capacité humaine à surmonter les épreuves. Ce tableau devient ainsi un miroir de notre époque, un appel à la réflexion sur les défis contemporains tout en gardant une place pour l’espoir et la résilience. C’est une œuvre qui invite le spectateur à contempler non seulement les difficultés du monde, mais aussi la beauté et la force qui peuvent émerger même dans les moments les plus sombres.
Musique : Bach Pastoral en Fa majeur, BWV 590 Arr. pour Violoncelle et piano M.J.Pires et A.Meneses
