Béji Artmoz

Je ne crée jamais à partir d’une idée préconçue. Mon travail commence toujours par une rencontre. Une branche abandonnée attire mon regard et, sans que je puisse l’expliquer, une relation s’installe. Je la recueille, je la nettoie avec patience, j’observe les traces de son histoire : une blessure, le passage d’un insecte, les marques du temps ou des intempéries. Je ne cherche pas à lui imposer une forme. Je l’écoute. Peu à peu, une musique s’impose, accompagne mon geste et guide les couleurs qui viendront révéler ce que le bois porte déjà en lui. Mes peintures et mes sculptures sont le fruit de ce dialogue avec la matière. Elles explorent le vivant dans ce qu’il a de plus fragile et de plus résilient. À travers elles, je cherche à rappeler que nous appartenons à une même histoire, celle du monde vivant. L’arbre devient alors une métaphore de notre humanité commune : enraciné, vulnérable, capable de traverser les blessures et de continuer à grandir.

Profondément humaniste, elle interroge notre rapport au vivant, à l’autre et à nous-mêmes. Ses créations célèbrent la liberté, la solidarité, la diversité et le respect de la nature, tout en portant un regard engagé sur les grands enjeux de notre époque. Sans jamais imposer un discours, elles invitent chacun à imaginer un monde plus juste, plus fraternel et plus harmonieux.

Béji Artmoz: artiste peintre et sculptrice.

Dans ses peintures, elle construit un univers où la couleur devient un langage. Les formes, composées d’une multitude de fragments colorés, évoquent les liens invisibles qui unissent les êtres vivants. Arbres, silhouettes humaines et paysages intérieurs dialoguent dans des compositions qui invitent à la contemplation et célèbrent la beauté, la fragilité et l’interdépendance du vivant. Ses œuvres ne représentent pas la nature : elles en révèlent la force intérieure. Les arbres, les paysages, la lumière et les couleurs deviennent les témoins d’une émotion, d’une mémoire, d’un souffle de vie.

Fascinée par les arbres

Les arbres occupent une place centrale dans son univers. Ils la fascinent. Plus elle travaille autour d’eux, plus elle découvre leur intelligence silencieuse, leur capacité d’adaptation et les réseaux invisibles qu’ils tissent entre eux. Ce qui la touche particulièrement est leur manière d’affronter le danger : immobiles, incapables de fuir, ils développent pourtant depuis des millions d’années des formes extraordinaires de défense, de résilience et de survie.

Ses sculptures naissent de fragments d’arbres que le temps, le vent, les saisons ou les hommes ont fait tomber. Elle ne cherche pas à restituer l’arbre qu’ils furent, mais à révéler ce qu’ils portent encore : une mémoire, une énergie, une présence. Son geste artistique consiste à redonner vie à ce qui est mort.

Les eucalyptus arc-en-ciel un tournant artistique

La découverte des eucalyptus arc-en-ciel a marqué un tournant dans son parcourt  En contemplant leurs écorces aux couleurs étonnantes, elle a eu le sentiment que la nature avait inventé, avec une infinie liberté, ce qu’elle cherchait à exprimer dans sa peinture. Depuis, ses sculptures rendent hommage à ces arbres extraordinaires. Ses sculptures naissent de branches d’arbres morts qu’elle recueille dans la nature. Chaque pièce fait l’objet d’un patient travail de préparation, ce n’est qu’ensuite que la couleur vient révéler la personnalité de chaque arbre, sans jamais trahir son histoire ni sa forme essentielle.

Le travail de Béji Artmoz a été présenté lors d’expositions personnelles et collectives en France, en Belgique, en Espagne, à New York, à Berlin, à Dubaï et en Italie. Ses œuvres, présentes dans des collections privées, séduisent par leur univers singulier, où la peinture et la sculpture dialoguent autour d’une même conviction : la nature est une source infinie de création, de beauté et de résilience.

Dernière exposition

Palazzo Moncada a Caltanissetta en Sicile - 16 Septembre - 19 Octobre 2025

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