Béji Artmoz
Je ne crée jamais à partir d’une idée préconçue. Mon travail commence toujours par une rencontre. Une branche abandonnée attire mon regard et, sans que je puisse l’expliquer, une relation s’installe. Je la recueille, je la nettoie avec patience, j’observe les traces de son histoire : une blessure, le passage d’un insecte, les marques du temps ou des intempéries. Je ne cherche pas à lui imposer une forme. Je l’écoute. Peu à peu, une musique s’impose, accompagne mon geste et guide les couleurs qui viendront révéler ce que le bois porte déjà en lui. Mes peintures et mes sculptures sont le fruit de ce dialogue avec la matière. Elles explorent le vivant dans ce qu’il a de plus fragile et de plus résilient. À travers elles, je cherche à rappeler que nous appartenons à une même histoire, celle du monde vivant. L’arbre devient alors une métaphore de notre humanité commune : enraciné, vulnérable, capable de traverser les blessures et de continuer à grandir.
