Debout pour GAZA

Cette sculpture, peinte aux couleurs du drapeau palestinien, est bien plus qu’un objet : elle est une parole incarnée.

Chaque jour, je la dresse dans un nouvel espace, comme un rituel, et je l’accompagne de mots, de citations, de constats. Ensemble, ils forment un journal, une chronique de résistance silencieuse mais insistante.

Debout pour Gaza est un témoin.
Elle dit l’enfance volée, le silence, la complicité, l’absence, l’interdit de soigner, la persévérance — Sumud.
Fragile mais droite, enracinée malgré tout, elle est une métaphore du peuple palestinien : debout, persistant, vivant.

Mon geste n’est pas neutre : il est politique, poétique et humain.
Je n’ai ni armes ni pouvoir politique, mais j’ai mes mains, ma voix, mon art.
Par cette sculpture, je choisis de ne pas détourner le regard, de refuser le silence, et de rappeler, chaque jour, que Gaza ne doit pas disparaître dans le vacarme du monde.


Journal d’un voyage, pour témoigner et revendiquer.
Il réunit 28 photos d’une même sculpture réalisée aux couleurs du drapeau palestinien accompagnées de textes, pour ne pas se taire, ne pas détourner le regard, ne pas être complice par le silence

Jour 1 – Debout pour Gaza (Pour un peuple qu’on assassine dans le silence) Voyage jusqu’à la Méditerranée pour ne pas me taire. Je refuse de détourner les yeux comme nos gouvernements, qui laissent la tragédie s’installer dans l’ombre. Devant l’horreur, le silence est complicité. Je n’ai pas d’armes, pas de pouvoir politique. Mais j’ai mes mains, ma voix, mon art. C’est avec eux que je dirai ma révolte et mon soutien à un peuple que l’on tente d’effacer. Chaque jour, une image et quelques mots. Pour que Gaza ne disparaisse pas dans le vacarme du monde.

Jour 2 – Enraciné (Pour que la mémoire ne s’efface pas) La même sculpture, déplacée chaque jour. Non enracinée dans la terre, mais dans la mémoire. Nomade, elle traverse les paysages comme une question qui refuse de se taire. Chaque lieu devient une page, chaque photo un acte. Je la porte chaque jour pour contredire l’oubli, pour rappeler que l’art n’est pas un refuge mais une manière de tenir debout, même quand le monde vacille.

Jour 3 – En équilibre Adossée aux branches mortes, la sculpture se dresse malgré la fragilité de son appui. Elle vacille mais demeure debout, comme un peuple que l’on voudrait réduire au silence et qui persiste à exister, malgré l’oppression Ici, au coeur de la forêt, c’est la Palestine qui se tient droite, dans un équilibre précaire mais indestructible.

Jour 4 – Plantée là Se tenir, sans trembler, le ciel s’ouvre derrière et dans la lumière, ce n’est plus un simple bâton de couleurs. Chaque brin d’herbe se penche, comme pour protéger ce témoin fragile. Mais c’est lui qui veille, contre le silence complice.

Jour 5 – L’enfance volée « Il n’est pas de révélation plus intense de l’âme d’une société que la manière dont elle traite ses enfants. » – Discours au lancement de l’UNICEF, 1995 Nelson Mandela

Jour 6 – Silence ! « L’utilisation de la famine comme arme de guerre se révèle meurtrière pour les enfants de Gaza. » — Omar Shakir, Human Rights Watch « Plus de 93 % des enfants à Gaza — soit environ 930 000 enfants sont en situation de risque critique de famine. » — Save the Children « Près de 12 000 enfants de moins de cinq ans à Gaza souffrent de malnutrition aiguë. » — Organisation mondiale de la Santé

Jour 7 – L’Absence « Si ces mots vous parviennent… sachez qu’ils ont réussi à me tuer et à réduire ma voix au silence. » — Anas al-Sharif, journaliste d’Al Jazeera Une chaise vide. Un appareil photo abandonné. La sculpture demeure, témoin silencieux. Face au vide :
un hommage. Face au silence imposé : une présence qui refuse d’être oubliée.

Jour 8 – Au milieu des ruines « Ceci est un message clair : les mots sont finis, et le temps est venu d’agir pour arrêter les opérations militaires, pour arrêter le génocide contre notre peuple et pour mettre fin aux massacres qui ont lieu chaque jour. » — Tawfik Abu Jarad, journaliste et manifestant à Gaza-ville Autour, tout porte la trace de la destruction : les pierres éparpillées, la terre brûlée, les cendres. Mais au centre, la sculpture se tient droite, aux couleurs d’un peuple que l’on veut effacer. Aucune violence ne peut le réduire au silence

Jour 9 – Always « La catastrophe humanitaire est là. » — ONU & Croix-Rouge Le monde détourne les yeux. Mais je ne détournerai pas les miens. Il ne restera peut-être plus rien. Gaza sera sans doute rasée. Si Gaza est réduite au silence, Je dresserai mes branches blanches. Je porterai ses couleurs. Toujours. Pour dire qu’ils existent, et qu’ils se relèveront. Rien ne pourra effacer leurs couleurs. Même sous les ruines, même dans la poussière et le sang, le souffle d’un peuple persiste. Comme la sève dans les branches mortes, comme une graine sous la cendre, il renaît, toujours.

Jour 10 — Le seuil de l’inhumain Il n’y a plus de loi ici. Tout a été franchi, tout a été piétiné. Les mots — “droit”, “humanité”, “morale” — se brisent comme verre sous les bombes. Ce qui se passe n’est pas une violation, c’est un effacement. Pas seulement d’un peuple, mais de la limite même qui nous tenait encore humains. Le silence des États est une complicité. Leur tolérance, une trahison. Ils laissent l’injustice se maquiller en droit, Alors je me tiens debout, non pour sauver ce qui reste, mais pour dire ce qui ne doit pas être oublié.

Jour 11 – Pas demain, maintenant
« Faire taire les dernières voix qui rapportent que des enfants meurent en silence et de famine, face à l’indifférence et l’inaction du monde, est choquant…
Il faut de la volonté politique.
Pas demain, maintenant. »
— Philippe Lazzarini, UNRWA
Derrière les portes closes,
le silence pèse plus lourd que le métal.
Un souffle de couleurs se dresse, fragile,
comme ces voix qu’on voudrait étouffer.

Jour 12 – interdit de soigner Trois zones. L’ombre des territoires enfermés. La ligne qui coupe, impose, colonise. L’horizon confisqué, tenu à distance. À Gaza, la santé est une cible Des hôpitaux détruits. Des médecins emprisonnés. Des soignants interdits d’entrer. C’est ce que des experts appellent le healthocide Un peuple privé de soin, de dignité, d’avenir. Un crime commis sous nos yeux, méthodiquement.

Jour 13 – Sumud La Global Sumud Flotilla partira très prochainement vers Gaza. L’objectif est de briser le blocus israélien dans l’enclave palestinienne, responsable d’une famine sans précédent. Sumud signifie persévérance, constance, fermeté. Ce mot, devenu un symbole politique et spirituel, désigne l’attitude de résistance non violente et de résilience des Palestiniens face à l’occupation et à la colonisation. C’est l’obstination de la dignité, le refus de disparaître, l’acte quotidien de rester vivant, enraciné dans sa terre et dans son histoire. Rester debout, malgré la fragilité apparente, malgré la possibilité de basculer, mais s’ancrer et tenir.

Jour 14 – Quel futur ?
Marah avait 17 ans. Elle rêvait de devenir designer d’intérieur. Aujourd’hui, elle apprend à marcher sur des jambes artificielles. Elle n’est pas seule. À Gaza, une génération entière d’enfants amputés apprend à vivre sans corps, sans maison, sans famille. L’ONU parle de la plus grande cohorte d’enfants amputés de l’histoire moderne.
Chaque jour, 10 enfants perdent une jambe, parfois deux.
Chaque jour, des bébés naissent prématurés. Chaque jour, des mères trop faibles pour allaiter voient leurs nourrissons dépérir.
« Gaza est l’incarnation réelle de l’enfer sur terre pour son million d’enfants. » — James Elder, UNICEF
Plus de 14 500 enfants tués.
Des milliers estropiés. Des centaines de milliers marqués à vie.
Quand il n’y a pas assez à manger, les enfants souffrent de malnutrition sévère, puis ils meurent lentement et douloureusement.
Nous assistons, impuissants, à l’extermination silencieuse de l’avenir. Le futur ne pourra pas se construire sans enfant.
Je refuse de détourner le regard
Je refuse le silence
Je refuse l’oubli

Jour 15 – Déportation « L’évacuation de Gaza est inévitable. » — Armée israélienne Des quartiers encore debout, des vies encore présentes : voilà ce qu’il faut faire disparaître. Sous prétexte d’« aide humanitaire », on dresse déjà les tentes dans le Sud. Une déportation froide, méthodique, annoncée depuis des mois. À ceux qui refusent de nommer ce nettoyage ethnique, qui temporisent, qui condamnent mollement tout en soutenant Israël : vous n’êtes pas des spectateurs, vous êtes des collaborateurs. Vous portez non seulement la mort et les souffrances d’un peuple, mais aussi la responsabilité d’un monde où la justice internationale a été anéantie Un monde qui ne sera plus jamais le même.

Jour 16 – Complicité européenne, génocide en cours :
• Plus de 200 anciens diplomates européens ont publié une lettre ouverte qualifiant le
silence de l’UE de “complicité face à un génocide”. Ils accusent Bruxelles de protéger Israël par son inaction et d’alimenter l’impunité (Al Jazeera).
• Amnesty International et Human Rights Watch dénoncent l’hypocrisie européenne :
l’UE continue de fournir des armes et des technologies à Israël, tout en prônant la “paix” et l’“État de droit”.
Quand l’Ukraine fut attaquée, l’Europe s’est levée d’une seule voix : sanctions, soutien, solidarité.
Quand Gaza est bombardée, l’Europe se divise, tergiverse, détourne les yeux.
Deux poids, deux mesures.
Un droit international à géométrie variable.
Comment prétendre défendre les droits humains quand on les applique à la carte ?
Comment parler de justice quand on choisit l’impunité ?
Comment invoquer la mémoire des drames passés tout en fermant les yeux sur ceux du présent ?

Jour 17 – La Flottille Ma sculpture aux couleurs de la Palestine se dresse devant les bateaux de la flottille pour Gaza. Ces navires s’élancent pour briser un blocus illégal, pour dénoncer une punition collective devenue génocide. Face aux murs, face aux frontières, face aux complicités, ils portent une certitude : Gaza n’est pas seule. Chaque voile levée est une accusation. Chaque vague traversée, une résistance. Tant que les gouvernements européens détournent les yeux, des citoyens, des artistes, des militants prennent la mer. Parce que la dignité ne se négocie pas. Parce que la liberté ne s’implore pas. Elle s’arrache.

Jour 18 – Plus personne pour témoigner !
C’est un constat sans précédent : Gaza est devenu le conflit le plus meurtrier pour les journalistes depuis le début des enregistrements modernes « En moins de deux ans, Israël a tué plus de journalistes à Gaza que toutes les guerres réunies depuis 1861 – de la guerre de Sécession à l’Ukraine (source : Costs of War Project). Jamais un conflit n’avait coûté la vie à autant de professionnels des médias (CPJ, RSF, IFJ). C’est un silence imposé, sans précédent, contre ceux qui portent la vérité. » Jour -19 Épuration méthodique des médecins de Gaza Ce n’est pas un hasard, mais une politique : l’extermination des médecins et soignants de Gaza. Ciblage systématique et atroce, sanctionné par l’impunité :
• 70 professionnels de santé tués en seulement 50 jours.
• Plus de 1 400 travailleurs médicaux assassinés depuis octobre 2023.
• 160 à 339 soignants détenus par Israël, dont plus de 20 médecins, selon l’OMS et Healthcare Workers Watch.
• Témoignages de torture et de mauvais traitements. En tuant ceux qui sauvent des vies, l’occupation veut condamner tout un peuple à mourir sans soins, sans secours, sans avenir.

Jour 19 – Épuration méthodique des médecins de Gaza.
Ce n’est pas un hasard, mais une politique: l’extermination des
médecins et soignants de Gaza. Ciblage systématique et atroce :
70 professionnels de santé tués en seulement 50 jours ; plus de 1
400 travailleurs médicaux assassinés depuis octobre 2023; 160 à
339 soignants détenus par Israël, dont plus de 20 médecins, selon
l’OMS et Healthcare Workers Watch ; témoignages de torture et
de mauvais traitements.
En tuant ceux qui sauvent des vies, l’occupation veut condamner
tout un peuple à mourir sans soins, sans secours, sans espoir.

Jour 20 – Le gouvernement israélien contre la flottille pour Gaza Israël multiplie les menaces contre la flottille pour Gaza. Les activistes sont qualifiés de terroristes, promis à des conditions de détention extrêmes. La marine est prête à intercepter, saisir les bateaux, empêcher que l’aide humanitaire atteigne sa destination. Tel-Aviv nie toute dimension humanitaire, réduisant l’initiative à une “provocation médiatique”. Pendant ce temps, Netanyahu parle de “victoire définitive” – comme si réprimer la solidarité pouvait faire oublier la réalité de Gaza : l’enfermement, la privation, l’injustice.

Jour 21 – La Flottille pour Gaza tient bon. Malgré les menaces, elle grandit, elle avance. Chaque nouveau bateau est un refus du blocus, un refus de la complicité. « La solidarité est plus forte que leurs murs et leurs armes. »

Jour 22 –  Depuis le 15 août, j’ai photographié chaque jour cette même sculpture aux couleurs du drapeau palestinien. Pendant 21 jours, j’ai accompagné chaque image de mots : mon ressenti, mon indignation, ma révolte. J’ai arrêté le 5 septembre, peut-être par désespoir, peut-être par sentiment d’impuissance. Mais aujourd’hui, quelqu’un qui m’est cher m’a rappelé que chaque geste, chaque mot compte.
Et puis, j’ai vu aussi des enfants à Gaza, au milieu des ruines, danser et chanter. Même si ce n’est rien, ou presque rien, je comprends qu’il faut continuer.
Alors je reprends.
Par mon art, par ma voix, je continuerai à dire la honte, l’indignation.
Je continuerai à dénoncer nos gouvernants, nos représentants si mal élus, qui
détournent les yeux.
Parce que se taire, c’est accepter.
Parce que résister, c’est vivre.

Jour 23 – À ça quoi sert !
À quoi sert de dire “génocide”
si chaque jour des centaines de Palestiniens meurent encore ?
À quoi sert de dénoncer,
si les bombes continuent de tomber,
si les corps continuent de s’entasser sous les ruines ?
À quoi sert de crier,
quand les puissants détournent le regard ?
À quoi sert de compter les morts,
si le monde a décidé de ne plus les voir ?
À quoi sert la vérité,
quand le mensonge s’affiche partout en uniforme ?
À quoi sert l’art,
les poèmes, les couleurs, les voix,
quand les chars écrasent tout sur leur passage ?
À quoi sert d’écrire encore,
si la poussière recouvre les mots
comme elle recouvre les corps ?
Et pourtant,
si nous cessons de parler,
si nous cessons de crier,
si nous cessons de nommer,
« Alors il ne restera que le silence. »
« Alors ce ne sera plus seulement leur mort, mais la nôtre. »

Jour 24 – L’abandon et la solitude d’un peuple laissé sur le sable de l’histoire Gaza est détruite pierre après pierre.
Les civils fuient par centaines de milliers, poussés vers un sud déjà exsangue. Plus de 65 000 Palestiniens tués. Des dizaines de milliers de blessés. Des enfants qui meurent de faim et de soif, assiégés, dans l’indifférence des puissants. Ce n’est pas une tragédie lointaine.
C’est un crime. Ici. Maintenant. Un génocide en cours, sous nos yeux. Et pourtant, les gouvernements occidentaux continuent d’armer Israël, de le protéger à l’ONU, d’étouffer la vérité. Leur complicité est totale. Leur silence est criminel. Face à cela, nous n’avons pas le droit de détourner le regard. Nous devons parler, écrire, dénoncer. Nous devons boycotter les entreprises complices, faire pression sur nos élus, descendre dans la rue. Nous devons crier que la Palestine existe, qu’elle résiste, et que son peuple ne sera pas effacé.
Ce bâton planté dans le sable, c’est un geste minuscule face à l’immensité du crime. Mais c’est un refus.

Voilà 25 jours que je partage une image. Toutes différentes, mais toutes guidées par la même urgence : dire que ce qui se passe à Gaza n’est pas une abstraction lointaine. L’intensification des bombardements se poursuit, et l’armée israélienne continue d’ordonner aux habitants d’évacuer vers le sud. Beaucoup tentent de fuir à pied ou entassés dans des véhicules, mais d’innombrables familles restent piégées. Pour elles, l’injonction à « évacuer » n’est qu’une ironie cruelle : comment partir : trop affaiblies par la faim, sans essence, sans argent, sans médicaments, et surtout sans route sûre pour s’échapper. Quand tout manque, quand chaque déplacement peut devenir une condamnation à mort ! Dans ce contexte de massacre et d’étouffement, la flottille de la liberté continue de voguer vers Gaza. Malgré les menaces, malgré les pressions, elle avance, portée par une détermination collective : briser le blocus, témoigner de la solidarité internationale, affirmer que la mer n’appartient pas aux murs ni aux frontières mais aux peuples. Chaque drapeau hissé, chaque voile tendu, chaque image partagée devient un geste de résistance.

Jour 26 – Je vacille entre silence et cri.
Tout se creuse, tout s’éloigne.
Je ne trouve plus que ce désarroi, immense et nu, face à Gaza, face à nos gouvernements.
Gaza s’enfonce un peu plus chaque jour dans l’horreur.
La flottille qui voulait briser le blocus a été empêchée, maltraitée, coulée.
Encore une fois, des citoyens ont tenté ce que les États refusent de faire : apporter de l’aide et un souffle de dignité à un peuple enfermé, à un peuple assassiné.
Nos gouvernements, eux, se taisent. Pire : leur silence, leur complicité, nourrissent le siège, nourrissent le crime.
Il reste si peu.
De nous.
De l’espoir.
Et pourtant, Gaza continue d’attendre

Jour 27 – À ceux qu’on enferme
À ceux qu’on emprisonne pour avoir voulu sauver des vies. Aux volontaires humanitaires qui ont tenté de briser le siège de Gaza, et qu’on accuse pour avoir agi là où les gouvernements se taisent. À tous les prisonniers palestiniens qualifiés de “terroristes”, parce qu’ils refusent l’effacement, parce qu’ils existent. Même des enfants. Cette oeuvre leur rend hommage. Elle dénonce l’injustice d’un monde qui punit la solidarité et justifie l’enfermement d’un peuple tout entier.

Jour 28 – « L’Arbre de toutes les Libertés »
Palazzo Moncada, Caltanissetta, Sicile — exposition Pittuariamo
Cela faisait plus d’un mois que ma sculpture « L’Arbre de toutes les Libertés » était exposée au Palazzo Moncada, mais je n’avais pas trouvé la force d’en parler — tant la douleur de ce qui se joue à Gaza m’a semblé rendre dérisoire, presque indécent, toute parole sur mon exposition dans un palais sicilien.
Le 16 octobre, avec l’espoir fragile que les choses s’apaisent, j’ai décidé d’enfin parler, de montrer « L’Arbre de toutes les Libertés » dans ce lieu chargé d’histoire. J’y ai associé ma sculpture aux couleurs du drapeau palestinien, que je photographie depuis le 15 août dans des lieux insolites, accompagnée de textes qui témoignent de la situation dramatique du peuple palestinien. Elle est devenue pour moi un symbole — un geste qui voyage pour ne pas se taire. Je n’ai pas d’armes, pas de pouvoir politique. Mais j’ai mes mains, ma voix, mon art. C’est avec eux que j’essaie de continuer à dire ma révolte, mon soutien, et ma foi dans la dignité humaine — celle qu’on tente d’effacer, encore et toujours. Aujourd’hui, rien n’a changé malgré les promesses, malgré les signatures. Le cessez-le-feu n’est pas respecté : bien que formellement en place, les frappes aériennes continuent, rendant la situation toujours plus instable.

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